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N° 115 (Voir les n°1 à 6, 11 à 16, 31 à 33, 72 à 74, 98 à 114)
Il y a maintenant quelques années, une personne d'Almenèches , qui n'est plus parmi nous, m'avait poussé à faire des recherches sur ce "grognard": Pierre Millet. J'ai en effet trouvé quelques renseignements mais pour moi, pas les plus importants puisque je ne puis dire s'il a vraiment vécu à Almenèches !!!!
Je sais qu'il est né à Carrouges dans l'Orne d'un père au prénom de Jean-Louis ("un capitaine de la brigade ambulante des fermes du roi ": vous dire en quoi consistait ce métier est au-dessus de mon savoir !) et d'une mère Marie Loiseau le mardi 30 juillet 1776 qui lui donneront les prénoms de Pierre Jean-Baptiste... Il s'est marié à Marie Courcière... Sa fille Virginie est née au presbytère de la Chapelle-près-Sées le 17 décembre 1812, et mariée à Alençon à un tisserand François Peltier le 25 août 1840...Son fils Vincent est né à Le Bouillon le 22 février 1818, marié à Adeline Desnos, il aura un fils au prénom de Stanislas né à Saint-Hilaire-la-Gérard le 07 février 1842...
Ce grognard Pierre Millet mourra, veuf, chez son gendre et sa fille à Alençon le 02 mai 1857 à quelques quatre-vingts ans....
Voilà pour ce qui est de son état civil: dans mon prochain article, je vous donnerai quelques éléments de ce que fut sa vie !!! Je serai particulièrement satisfait si quelqu'un me certifiait qu'il a vécu dans notre village Almenèches ou qu'il y a laissé quelques souvenirs...
Cette recherche m'aura permis de trouver que son petit-fils Stanislas Millet sera professeur à Lorient en particulier et qu'il écrira des poésies, des romans,... en se souvenant de son "grognard" de grand-père...
Il est aussi étonnant de trouver dans les différents états-civils des noms de famille avec différentes orthographes...
Je peux dire aussi qu'à cette époque les Millet étaient nombreux dans notre petite région... mais peut-être et sans doute , moins que les Perreaux !!!!!!
Alifer61
N°114 (Voir les n°1 à 6, 11 à 16, 31 à 33, 72 à 74, 98 à 113)Cet homme, fils d'un laboureur, est né à Saint Sauveur, hameau de La Cochère, dans l'Orne en 1764; il réside en 1782 à Argentan et il est alors domestique de l'abbesse de l'abbaye royale d'Almenèches... En 1785, il est tourneur grâce sans doute à la protection de l'abbesse et vend une maison héritée de sa mère à la Cochère...
Il est reçu maître-tabletier en 1788 et achète un fonds de tabletterie rue de Saint-Honoré à Paris... De tourneur, il est donc devenu tabletier qui est l'art de faire toutes pièces ouvragées en ivoire, écaille, bois précieux,...tels que que jeux de trictrac, dames , échecs,.... Il s'achète un second commerce dans la même rue et son enseigne indique: "Au singe violet"... Ses affaires ne semblent pas trop pâtir des journées sanglantes de la Révolution...Il est ébéniste et bientôt la production devient tripartite: tabletterie, ébénisterie, orfèvrerie, cette dernière va évincer les autres et il deviendra l'orfèvre de l'Empereur... Il saura vendre à crédit à l'Empereur qui à ses débuts ne possédait que sa gloire...La coquette et mondaine Joséphine, l'impératrice, fut une très bonne cliente: articles de toilette, service de thé,.... A l'exposition des produits de l'industrie de 1806, il recevra une médaille d'or.... Biennais sait s'adapter avec souplesse à la volonté impériale.... Pour le sacre de l'Empereur, il recevra la prestigieuse commande des insignes impériaux (couronne, globe, main de justice,sceptre)... Il emploie jusqu'à 60 ouvriers... Les Bonaparte et les Beauharnais sont tous clients chez Biennais. Joséphine, Hortense, Eugène, vice-roi d'Italie, Elisa, grande duchesse de Toscane, Louis, roi de Hollande, Jérôme de Westphalie, le prince Camille Borghese ont sur leur table des services d'argent et de vermeil, qui sortent de ses ateliers...
La restauration n'a pas marqué la fin de son activité... C'est en 1821 qu'il prendra sa retraite et ses six filles ne prendront pas la suite... Il vendra son affaire à un collaborateur Jean-Charles Cahier qui fera faillite en 1830 !!! Il passera ses dernières années à la Verrière et mourra à Paris en 1843...
Nota: de nombreux objets fabriqués par Biennais sont visibles dans plusieurs musées comme le Louvre...
Alifer61

N°113 (Voir les n° 1 à 6, 11 à 16, 31 à 33, 72 à 74, 98 à 112)
Dans "Lois, Décrets, Ordonnances, Règlements et Avis du Conseil d'Etat" - tome 58 de l'année 1858:
30 avril 1858 - Loi qui distrait la section du Hamel-du-Bois de la commune de Silli-en-Gouffern, canton d'Exmes, et la réunit à la commune dAlmenèches, canton de Mortrée (Orne).
Art.1er. La section du Hamel-du-Bois est distraite de la commune de Silly-en- Gouffern, canton d'Exmes, arrondissement d'Argentan, département de l'Orne, et réunie à la commune d'Almenèches, canton de Mortrée, même arrondissement. En conséquence, la limite...
2. Les dispositions qui précèdent auront lieu sans préjudice des droits d'usage ou autres qui pourraient être respectivement acquis.Les autres conditions de la distraction prononcée seront, s'il y a lieu, déterminées ultérieurement par un décret de l'Empereur.
Dans le " Bulletin Monumental ou Collection de Mémoires et de Renseignements" édité par les membres de la Société Française d' Archéologie de 1865:
Dégagement de l'église d'Almenèches (Orne).- La Société française d'archéologie avait bien voulu voter, en 1863, sur ma demande, une somme de 100fr. pour contribuer au dégagement de la belle église abbatiale d'Almenèches (Orne). Les maisons qui obstruaient les abords de cette église, ont été expropriées et vont être démolies.
Cette allocation de la Société française, en témoignant de l'intérêt historique et archéologique qu'offre la belle église construite par Marguerite de Navarre en l'honneur de Sainte Opportune, a beaucoup contribué à exciter le zèle des souscripteurs, dont les offrandes volontaires ont permis de dégager ce monument.
Texte de G. LECOINTRE-DUPONT, Membre de la Société..
Dans "Recueil des Dépêches télégraphiques" adressées à Paris au moyen de pigeons-voyageurs pendant l'investissement de la Capitale par les Allemands, 1870-1871:
Argentan, 14 janv. - Foussard, 8, rue Jean Bart, écrire par tous ballons, toi ou Lebrun, ce que vous devenez. - Perreaux, ingénieur à Almenèches.
Ces mots demandent plusieurs explications: notre "Perreaux", pendant la guerre de 1870, devait être réfugié à Almenèches et demande, par l'intermédiaire de pigeons-voyageurs, à partir d'Argentan,des nouvelles de son ouvrier Foussard resté à Paris au domicile de son maître et ne pouvant lui correspondre que par ballons dirigeables. (Sachez que cet ouvrier héritera de ce que Perreaux possédait à Paris: beau geste d'un maître!)
Alifer61
Intérieur de l'église d'Almenèches.N°112 (Voir les n° 1 à 6, 11 à 16, 31 à 33, 72 à 74, 98 à 111)
Mots, phrases, récits,.... rapportés essentiellement de la " Revue d'histoire moderne et contemporaine" - tome XXXI - juillet-septembre 1984 ....
Il faut reconnaître que la venue d'un enfant mort-né, ou la mort de l'enfant pendant l'accouchement était autrefois chose banale.... La mort d'un enfant nouveau-né, les conditions de sépulture était naturellement synonyme d'angoisse: il ne serait pas régénéré par le baptême, il ne renaîtrait pas à la vie éternelle... Seule, l'apparition de "signes de vie" autorisait le sacrement.... Or, il semblait que ces signes miraculeux n'apparaissaient qu'en certaines circonstances: ils étaient alors la marque tangible d'un "répit" accordé le temps de baptiser l'enfant avant qu'il meure, cette fois définitivement... Il pouvait avoir une sépulture en terre consacrée....
Voici l'histoire d'un "répit" à l'abbaye Sainte-Marie d'Almenèches du 15 juin 1500:
Vers 15h.... Naissance d'un enfant mort-né, dans la maison de ses parents.
15h-19h..... Le corps est gardé à la maison par les femmes.
Vers 19h.... Inhumé dans le jardin.
19h30........ Exhumé et mis près du feu.
20h ........... Transporté à l'abbaye.
20h-22h..... L'enfant donne des "signes de vie".
Après 22h .. Placé dans la cuisine de l'abbaye, près du feu, où il continue à donner des "signes de vie".
"Au milieu de la nuit"... "Retour à l'état mortel", mais demeure sur place jusqu'au lendemain matin où il est enseveli.
Dans d'autres actes les "signes de vie" sont les suivants: "Sa chair s'échauffa, prit une couleur vermeille, palpita" ou "Elle aperçut du sang sur son visage" ou " Il a vu mourir l'enfant, mais avant, " il l'a vu trois fois palpiter et tressaillir; il a vu descendre dans la partie inférieure de la bouche la langue dud. enfant, qui étoit attachée au palais". ou ... il y a aussi les témoins: curés,abbesses, religieuses, ou simples témoins....
La fréquentation du "répit" était le fait de personnes pieuses qui voulaient remédier à la mort spirituelle de petites victimes, privées injustement du baptême !!!!
Alifer61
N°111 (Voir les n°1 à 6,11 à 16, 31 à 33, 72 à 74, 98 à 110)
Dans le "Bulletin de la Société Normande d'Etudes Préhistoriques" - tome III Année 1895, édité en 1896, nous notons l'histoire du "Tumulus" suivant:
En quittant Almenèches, près de l'école (là ou siège actuellement notre docteur), le chemin du Château, après avoir passé le Don, on parvient au hameau situé à 900 mètres du bourg. Sur la rive gauche de la rivière, au bord du chemin vicinal et dans l'angle d'un pré, se voit un tumulus situé à droite, vers le Sud, tandis qu'à l'Est, se trouve le camp désigné sous le nom de Château, en souvenir de la forteresse des Montgommery.
En enlevant de la terre aux talus, au Sud et à L'Ouest, on a trouvé des ossements humains et des silex taillés.
Le tumulus est au sud du Château, auprès du chemin vicinal. A l'Ouest, au Nord et à l'Est, le monument est encore entouré de fossés qui communiquaient avec le fossé principal du camp.
La forme du tumulus est est celle d'une calotte qui porte le nom de Large; sa longueur totale, du N. au S., est d'environ 35 mètres, sa largeur est de 4 mètres au sommet, de 8 à 10 mètres à la base et sa hauteur de 9 mètres au-dessus du fossé oriental. La partie culminante présente un affaissement, vers son milieu, mais chacune des deux extrémités, en particulier celle du Sud, offre un renflement considérable, qui servait sans doute de poste d'observation aux guerriers gaulois. De ce point isolé, on domine le Château et la vallée du Don; au Nord, on distingue Almenèches, le camp de la Butte, la forêt de Gouffern et le château de la Motte; au Sud, le camp du Chatellier et le Château de Blanchelande.
Ce tumulus a ses légendes: une fée, après avoir creusé un large fossé et mis la terre en tas, creusa ensuite une galerie longitudinale vers le centre de ce tertre, la maçonna et la ferma avec une porte en fer; c'est dans cette grotte qu'elle avait enfermé ses trésors qui y sont restés ensevelis.
Lorsqu'on construisit le chemin vicinal qui avoisine le tumulus du Château, la tranchée avait six mètres de profondeur en cet endroit; à chaque coup de pioche, les ouvriers ramassaient des ossements humains.
Voilà la copie de ce document !!!!
Alifer61
N°110 (Voir les n°1 à 6, 11 à 16, 31 à 33, 72 à 74, 98 à 109 ) Récit rapporté de Pernelle du 19.08.1910 dans la publication trimestrielle de la "Société historique et archéologique de l'Orne" de 1911:
La riche et puissante abbaye d'Almenêches,fondée en 700, de l'Ordre de Saint-Benoît, avait jadis de nombreux prieurés suffragants entre autres ceux d'Argentan: fondé en 1623, sous Louise de Médavy, abbesse d'Almenêches, son frère fut évêque de Sées. Ce prieuré était connu sous le nom de Notre-Dame de la Place... et d'Exmes: fondé en 1625 sous le nom de Notre-Dame des Loges, par Catherine de Bouillonné de la Bretonnière, religieuse d'Almenèches, et sa mère Suzanne de Bernardt... et fournissait des supérieures (prieures ou abbesses), à des monastères, tels ceux de Verneuil et de Vignats: fondé en 1534 par Guillaume Talvas, sieur de Bellême et d'Alençon. De ce prieuré sont sorties deux religieuses lors de la fondation, en 1650, du couvent des Bénédictines de Vimoutiers par Nicolas de James leur père.
Comme la maison d'Almenèches se trouvait trop isolée à la campagne, Louis XV, par ordonnance royale, transféra l'immense abbatiale au Prieuré de Notre-Dame de la Place à Argentan qui prit alors le titre d'Abbaye royale d'Almenêches. Dès lors l'ancienne abbaye ne devint plus qu'une obédience, et fut gouverné à titre de prieuré......
La révolution de 1789 apporta de grands changements dans beaucoup de couvents.... Les bénédictines d'Argentan avaient dû quitter pour se réfugier à Vimoutiers.... Quelques années plus tard, il y eut un projet de reconstituer la maison d'Almenèches.... C'est le 20 mai 1830 que les bénédictines regagnèrent Argentan....
" L'histoire n'est qu'un éternel recommencement".
Alifer61
Un chariton ...d'Almenèches...N°109 (voir les n°1 à 6, 11 à 16, 31 à 33, 72 à 74, 98 à 106, 108)
Nous avons trouvé un texte de Paul Tesnière dans le " Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie" des années 1913 et 1914 . Il a pour titre "les frères de la charité dans l'Orne":
La récente loi sur les inhumations, en donnant aux municipalités le monopole des pompes funèbres, fera disparaître les intéressantes Compagnies des "Frères de la Charité", qui étaient demeurées assez nombreuses dans le département de l'Orne.
Les frères de la Charité, vulgairement appelés "Charitons", remontent à une date fort ancienne; ils furent originairement institués en temps d'épidémie, lorsque par crainte de la contagion, les morts demeuraient sans sépulture. Ils s'engageaient à ensevelir les défunts et à les porter à l'église et au cimetière; en retour, leur propre service funéraire était payé par la confrérie; ...............................
Divers Charitons s'obligeaient, en outre, à remplir certaines pratiques pieuses: par exemple, ceux de la petite commune de Say, près d'Argentan, devaient, avant d'être définitivement reçus dans la Confrérie, accomplir le pèlerinage du Mont-Saint- Michel;.............................
Les Charitons portaient une espèce de soutane courte à plis, se réduisant souvent à la proportion d'une blouse, généralement noire, avec une ceinture groseille et un ornement brodé en forme de chausse, qui, dans l'origine, avait été une aumusse.
Chaque Confrérie avait sa bannière, sa croix et ses chandeliers, portés par les plus anciens, qui, à cet effet, revêtaient une courte dalmatique.
Certains de ces objets étaient fort beaux et fort lourds, et avaient souvent un réel caractère artistique; il convient de citer tout particulièrement ceux de Saint-Evroul-Notre-Dame-du-Bois et d'Almenèches, qui proviennent des libéralités, soit du pillages des abbayes de Saint-Evroul etde Sainte-Opportune..........
Les autres Confréries étaient généralement sous le vocable d'un saint, souvent Saint Michel, plus souvent encore saint Sébastien. C'est ce dernier qu'avaient pris pour patron les Charitons d'Almenèches, ainsi qu'on pourra le voir par le cantique suivant, qu'ils chantaient sur un ton lugubre en accompagnant les morts à leur dernière demeure:
1er couplet
Il faut mourir, il faut mourir,
De ce monde il nous faut sortir;
Le triste arrêt en est porté,
Il faut qu'il soit exécuté.
Suivent 6 autres couplets.
Refrain:
O martyr Sebastiane,
Audi pia proeconia
Familloe Christianoe.
Alifer61