vendredi 4 décembre 2009

Cession de L.G Perreaux à la commune.

107 (Voir les n° 7 . 10 . 18 à 30 . 35 à 64 . 68 à 71 . 92 à 97 )
Plan fait en 1854 de la commune avec en rose l'ancienne école de garçons et mairie, en vert la mairie actuelle et en jaune la partie cédée par Louis-Guillaume Perreaux à la commune pour y faire un alignement-trottoir. Nous pouvons remarquer le nombre de maisons appartenant à des Perreaux.

Voici l'acte de cession:
Entre les soussignés, M. Louis Guillaume Perreaux, ingénieur civil, domicilié à Paris, rue Jean Bart 8, d'une part - et M. Isidore Loyer Buquet, notaire Maire de la commune d'Almenesches - Orne, domicilié, agissant ici en sa qualité de maire de la commune d'Almenesches, et sous réserve de l'approbation des présentes par le conseil municipal et par l'autorité préfectorale, d'autre part.- a été convenu l'arrêté ce qui suit : M. Perreaux vend, cède d'abandonner à la commune d'Almenesches, ce que son maire accepte. - le terrain servant d'emplacement à une cuisine, boutique et cage d'escalier, sis à Almenesches sur la place publique du bourg d'Almenesches. Ce terrain est borné par la place publique, le chemin de grande communication n°16 et le Roussel; il est destiné à l'agrandissement de la place, à l'élargissement des voies de circulation et des trottoirs et caniveaux doivent y être établis par la mairie. Les matériaux de toute nature sont réservés par le vendeur, qui ne cède que le sol. Les frais de la réalisation seront à la charge de la commune d'Almenesches, cette réalisation aura lieu à toute réquisition. Le prix de cette cession est fixé à la somme de mille francs (1000F00) que la commune paiera à M. Perreaux, lors de la prise de possession c'est-à-dire le quinze juillet prochain. Dans le cas où pour une circonstance quelconque, la commune ne pourrait se libérer à l'époque qui vient d'être indiquée, elle aurait une année de plus, pour faire son paiement, parce que, àpartir du quinze juillet prochain, elle tiendrait compte de l'intérêt à cinq pour cent. M. Perreaux déclare qu'il est non sujet à hypothèque légale étant célibataire et qu'il n'existe aucune charge sur l'objet de cette cession. - ainsi pour et signé double, à Almenesches pour M. Buquet et à Paris pour M. Perreaux, le premier février mil huit cent soixante-quatorze.
Naturellement, pour arriver à cette cession plusieurs délibérations furent nécessaires et en particulier celle du 4 décembre 1873, qui indique enparticulier que M. Louis-Guillaume Perreaux exposait à ce moment-là à Vienne en Autriche. (c'est là qu'il exposera sa "moto" semble-t-il pour la premère fois !).

Alifer61

samedi 28 novembre 2009

Laure PERREAUX : ses dons......

106 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 .72 à 74 . 98 à 105)Voilà la maison Tabar devenue propriété de Melle Laure Perreaux... Comme cette construction cachait l'église, Laure Perreaux décida d'abattre tous les murs de la propriété et de donner le terrain à la Commune et même de combler le puits qui s'y trouvait.
Nous savons aussi toutes les dépenses qu'elles a faites pour désaffecter l'ancien cimetière près de l'église en y apportant les clôtures, bornes, chaînes... Toutefois dommage, à mon gré, qu'elle ait désiré y être inhumée seule pendant un temps !!!
Le clocher contient trois cloches pesant respectivement 600kg, 900kg et 1200kg, électrifiées vers 1960.Nous allons encore y retrouver le nom de Laure Perreaux...
Sur la plus petite, nous avons: L'an 1867, j'ai été bénite par Mgr Ch.F.Rousselet, évêque de Séez, assisté de Mr Durand, curé d'Almenesches, et nommée Louise Aurélie par Mr Louis Gustave Le Vavasseur et Mme Le Vavasseur, née Aurélie Renard Dorville.... Robert, fondeur à Falaise.
Sur la moyenne, nous avons: L'an 1899, j'ai été donnée par Melle Laure Anastasie Désirée Perreaux, d'Almenesches. J'ai été bénite par Mgr Claude Bardel, évèque de Seez, assisté par Mr Charles Alexandre Groult, curé d'Almenesches, et nommée Théophile Justine Alphonsine Adolphine Constance par Mr l'abbé Théophile Dupuy, aumonier au lycée d'Alençon et Mme Alphonsine Bigot Pont-Mesnil, veuve de Mr Adolphe Millet... Amédée Bollée, fondeur au Mans.
Sur la plus grosse, nous avons: L'an 1899, j'ai été donnée par Melle Laure Anastasie Désirée Perreaux en mémoire de sa famille. J'ai été bénite par Mgr Claude Bardel, évèque de Seez, assisté de Mr Charles Alexandre Groult, curé d'Almenesches et nommée Laure Louise Désirée Henriette Aimée par Mr Henri Than, d'Almenesches, juge de paix à Seez, et Melle Laure Perreaux... Amédée Bollée, fondeur au Mans.
A la fin du XIXe siècle, une horloge fut installée sur le clocher, elle sonnait tous les quarts d'heure: c'était un don de Laure Perreaux. Naturellement, l'horloge actuelle, électrique, plus récente, ne sonne que toutes les demi-heures.
Au-dessus du portail actuel et relativement récent, nous avons déjà dit l'action de Laure Perreaux pour le vitrail.
Le transept sud compte trois fenêtres restaurées au XIXe siècle et deux datent de 1905, dons encore de Laure Perreaux.
Ainsi Mademoiselle Laure Perreaux reste une personne fort généreuse pour les Almenéchois. Il se pourrait d'ailleurs que notre mairie était son ancienne maison, offerte alors aux soeurs de l'époque.

Alifer61

vendredi 27 novembre 2009

Inhumation spéciale de Melle Laure PERREAUX

105 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 . 72 à 74 . 98 à 104)
Née le 06.03.1818, Désirée Anasthasie Laure PERREAUX est décédée le 08.03.1907. Bienfaitrice de la Commune et selon ses voeux, elle eut droit à une inhumation particulière comme la carte ci-dessus nous le montre (au centre, c'est l'ancien cimetière et en son milieu la pierre tombale de Melle Perreaux)... La délibération du Conseil du 20 mars 1907 en est le témoignage:
Le mercredi 20 mars mil neuf cent sept, le Conseil municipal d'Almenesches s'est réuni dans la salle de ses délibérations à la mairie, après convocation individuelle sous la présidence de Mr Grégoire, Maire, qui a avisé Mr le Sous-Préfet de l'objet et de la date de cette réunion extraordinaire.
Etaient présents: MM. Grégoire, Ribot, Brocard, Vendel, Simon, Perreaux, Houssemaine, Avrouin, Guy, Drageon, Boschet.
La séance ouverte Mr Avrouin a été élu secrétaire.
Monsieur le Maire expose au Conseil que sur la demande de Mr l'abbé Groult desservant d'Almenesches, agissant comme exécuteur testamentaire de Melle Laure Perreaux, décédée en cette commune le 8 mars 1907, il a donné un avis favorable à ce que Mr le Préfet accordât l'autorisation nécessaire pour l'inhumation de sa dépouille mortelle dans l'ancien cimetière d'Almenesches, désaffecté depuis 1894.
Qu'il a seulement posé comme conditions dans l'autorisation qu'il a accordée que les héritiers de Melle Perreaux paieraient à la Commune une somme égale au prix d'une concession dans le cimetière actuelle; que la place concédée ne serait surmontée d'autre monument que d'une pierre plate au niveau du sol; que de plus la concession cesserait à l'expiration du temps pendant lequel la Commune s'est engagée à laisser subsister le dit cimetière dans son état actuel, suivant la Convention emphytéotique du 24 juin 1896 passée entre elle et la dite Melle Perreaux.
Le Conseil, oui cet exposé et vu l'autorisation accordée à Mr l'abbé Groult exécuteur testamentaire de Melle Perreaux, fixe à cent francs l'indemnité due par les dits héritiers pour une place de deux mètres carrés minimum d'une concession au tarif de cinquante francs le mètre carré.
Dit que si la pierre que Mr le Curé est autorisé à faire établir sur la tombe de la défunte couvre une surface plus grande l'indemnité sera calculée à raison dudit tarif de cinquante francs le mètre carré.
Le Conseil ajoute qu'aucun acte de concession ne sera établi puisqu'en effet il n'y a pas de concession mais seulement une tolérance en faveur de la défunte qui a versé trois mille francs à la Commune pour que le cimetière soit conservé dans son état actuel pendant 99 ans.
Il prie Mr le Préfet d'approuver ladite délibération, et d'autoriser Mr le Receveur municipal à encaisser le montant de l'indemnité aussitôt que cette indemnité sera calculée.
Fait et délibéré en séance et signé après lecture.
Cette pierre tombale de Laure Perreaux, placée au départ dans l'ancien cimetière, a été transportée dans notre cimetière actuel, juste au-dessus de la tombe de son père: Louis Perreaux... Voilà une petite histoire Alméno-Almenéchoise.....

Alifer61

Toujours Mademoiselle Laure PERREAUX...

104 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 .72 à 74 . 98 à 103)
Maison Tabar et puits: délibération du Conseil municipal du 9 février 1899.
Aujourd'hui, jeudi, neuvième jour du mois de février de l'année mil huit cent quatre-vingt-dix-neuf, à neuf heures du matin, en la maison commune, le Conseil municipal s'est réuni sur convocation individuelle, pour l'expédition des affaires de la 1ère session.
Etaient présents MM. Guy Desmonts, Buquet, Perreaux Alfred, Than, Mazière, Gasse, Simon.
Mr Than est élu secrétaire, la séance étant ouverte.
Le Conseil,
Considérant que Melle Laure Perreaux devenue propriétaire depuis la mort de Mme Tabar de la maison masquant le portail de l'église est dans l'intention d'offrir le terrain qu'elle occupe ainsi que ses dépendances en vue de démasquer l'église et d'embellir la place publique; mais qu'un puits commun entre elle et la commune substituée aux droits d'une dame Viel par voie d'expropriation il y a une trentaine d'années, est nuisible aux projets de Melle Perreaux et à ceux de la Commune et qu'il convient de le supprimer en le comblant; que d'ailleurs il ne pourrait être utilisé par la Commune que dans la proportion d'un ménage similaire à celui de la dame Tabar: une servitude devant être limitée à sa création sans pouvoir recevoir d'extension; que d'un autre côté les 2 pompes publiques de la place sont suffisantes pour les besoins de la population et qu'en autorisant Melle Perreaux à combler le dit puits, cela lui faciliterait son travail.
Le Conseil, après en avoir délibéré, s'associant aux bonnes intentions de Melle Perreaux, qui en maintes circonstances a été la bienfaitrice de la Commune, l'autorise à remplir le puits à la condition que les bâtiments soient démolis en même temps et les matériaux enlevés .
Ainsi fait et délibéré en séance et signé lecture faite.
Ainsi grâce à Mademoiselle Laure Perreaux, la place publique fut agrandie et de là, l'église nous est parfaitement visible..

Alifer61

jeudi 26 novembre 2009

Encore avec Mademoiselle Laure Perreaux...

103 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 . 72 à 74 . 98 à 102)
Voilà la délibération du Conseil municipal du 24 septembre 1898 :
Mr Perreaux Alfred, adjoint au Maire, fait part à l'assemblée d'une demande formée par Melle Laure Perreaux à l'effet d'obtenir su Conseil municipal l'autorisation d'établir aux extrémités de la voie au nord de l'église, longeant la grille de clôture qu'elle vient de faire édifier le long de l'ancien cimetière, des bornes en granit reliées par des chaînes de fer pour empêcher de faire stationner des voitures ou des animaux autour de l'église. Des passages seraient ménagés entre les bornes pour permettre l'accès aux piétons et de plus la chaîne centrale de chacun des deux passages de l'ouest et de l'est serait mobile pour permettre l'entrée aux voitures qui pourraient avoir des matériaux à transporter soit pour les réparations de l'église, soit pour l'entretien du passage lui-même, soit pour tout autre motif dont le Conseil municipal pourrait être juge.
Le Conseil,
après en avoir délibéré, considérant qu'en effet des voitures et des animaux domestiques stationnent fréquemment autour de l'église, que de plus, il y est fait des dépôts de corps d'arbres et qui est préjudiciable à la propreté et par suite à la salubrité publique:
décide d'accorder à Melle Perreaux l'autorisation qu'elle sollicite, à condition que l'établissement des dites bornes et chaînes soit fait à ses frais et laisse aux fidèles et aux autres piétons un accès facile entre les bornes qui seront plantées; dit qu'il convient d'établir deux passages à chaque barrage si la largeur le permet et délègue pour placer les dites bornes MM. Mazière ; Bardel et Simon, conseillers municipaux, de concert avec Melle Perreaux ; enfin que chaque barrage sera ménagé de façon à faciliter le passage des voitures par l'établissement d'une chaîne mobile, si cela était nécessaire .
Le Conseil prie Mr le Préfet d'approuver la présente délibération .
Fait et délibéré en séance et signé après lecture.
Suivent les signatures du Conseil municipal .
Nous avons ici une nouvelle dépense faite pour la Commune par Mademoiselle Laure Perreaux .

Alifer61

L'église d'Almenèches : Portail..Tribune.. Vitrail...

102 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 . 72 à 74 . 98 à 101) Nous savons que le portail de notre église n'est pas très ancien . En effet le 1er juillet 1888, un devis relatif à sa création, à la réouverture de la fenêtre au-dessus, dans le pignon occidental et à la consolidation du contrefort d'angle sud-ouest est établi par Prempain fils, architecte à Sées.
Ce portail, de style très classique avec ses deux colonnes corinthiennes, ne date que de 1889 : c'est l'abbé Durand - déjà à l'origine de la Chapelle Sainte-Opportune - qui le fit construire. Avant que ce portail fût installé, le public entrait par la porte qui est à la base du clocher, et les religieuses par une porte, qui n'existe plus, qui donnait directement dans la nef, du côté droit.
La tribune, quoique récente, est un beau travail. Elle a été construite dans les années quarante, pendant la guerre, par Henri Philippe, menuisier à Almenèches . Elle n'est plus utilisée mais il est sans doute possible d'y monter pour admirer de plus près le vitrail occidental.
En effet,au-dessus de la tribune, vers l'ouest, sur la façade principale, se trouve une grande fenêtre de 3.70 mètres de largeur, divisée en arcs allongés. Il paraît que cette fenêtre avait été murée autrefois et que c'est l'abbé Durand qui la fit rouvrir et qui l'orna d'un vitrail, sorti des ateliers Bazire, maître-verrier à Argentan... On y retrouve les noms des donateurs : Laure Perreaux, l'abbé Marcel Durand, Gustave Le Vavasseur, l'abbé Théophile Dupuy...

Alifer61

lundi 23 novembre 2009

Affaire du cimetière et Laure Perreaux ....

101 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 . 72 à 74 . 98 à 100)
Fin de la copie de la Convention intervenue entre la Commune et Melle Laure Perreaux - Inscription faite le 30 juin 1896.
Article troisième - Melle Perreaux s'engage et s'oblige à faire placer une croix au calvaire, en bois ou en pierre à son choix. Elle fera faire à l'intérieur du cimetière une allée circulaire afin de pouvoir faire la procession et de permettre tant aux fidèles qu'au clergé de se rendre à la croix pour y faire leurs prières. Elle pourra aussi si elle le juge convenable faire établir ou plusieurs allées transversales.
Article quatrième - Melle Perreaux s'oblige à faire clore à ses frais le cimetière tel qu'il restera après la distraction de la parcelle figurant au plan dressé par Mr Clouet, dans un délai de trois ans de l'approbation de la présente convention par l'autorité supérieure.
Cette clôture se fera ainsi: - la partie longeant l'église, c'est-à-dire du haut au bas du cimetière sera fermée par un grillage d'une hauteur de un mètre, assis sur un soubassement en pierres ou en briques de cinquante centimètres au-dessus du sol. La partie d'en haut vers le bourg jusqu'au jardin de Madame Turquet sera close de même manière. Vers l'endroit où est l'entrée actuelle du cimetière une grille à deux battants sera posée et comportera dans son ensemble une largeur de un mètre trente centimètres.. Elle fermera à clef mais sera ouverte toutes les fois que le désir en sera exprimé avec la clef qui sera déposée à la mairie. A cet effet, deux clefs seront fabriquées; l'une d'elle sera déposée à la mairie, la seconde sera remise à Mr le Curé d'Almenesches.
Quant au surplus du terrain, il sera clos par un mur en pierres ou en briques qui s'élèvera depuis le bas du talus et dépassera de cinquante centimètres seulement le sol du dit terrain.
Article cinquième - Dans l'exécution des travaux nécessaires toutes précautions seront prises pour éviter toute profanation.
Article sixième - Si plus tard il est reconnu qu'il fut convenable de faire quelques plantations d'arbustes pour atténuer la nudité du terrain la Commune et Melle Perreaux s'entendront à ce sujet sur le choix des essences qui ne pourraient être que des arbustes, pour la majeure partie à feuilles persistantes et sur leur emplacement.
Dans les plantations on devra avoir égard à la perspective et éviter d'obstruer la vue du presbytère et de l'école des filles.
Ainsi fait et arrêté en double original à Almenesches, le vingt-quatre juin mil huit cent quatre-vingt-seize et signé après lecture:signé Buquet - Vu et lu:L.Perreaux Pour copie conforme , à Almenesches le 30 juin mil huit cent quatre-vingt-seize.
Suit la signature des membres du Conseil municipal...
Avez-vous remarqué l'orthographe de cette époque de notre commune?
Ainsi, nous connaissons l'histoire de notre ancien cimetière d'Almenèches.

Alifer61

Une bienfaitrice : Laure Perreaux (suite)...

100 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 . 72 à 74 . 98 . 99)
Voici la suite de la copie de la Convention intervenue entre la Commune et Melle Laure Perreaux - Inscription faite le 30 juin 1896 .
4° - Par une délibération du vingt-deux avril dernier prise sur les observations présentées par l'autorité administrative, le Conseil précisant les termes de celle du vingt mars et se conformant au désir exprimé par Melle Perreaux a décidé: que tous les monuments funéraires, pierres tombales, croix et autres devront disparaître dans le délai de cinq années du premier mai prochain.
5° - Cette dernière délibération a été transmise à Mr le Préfet qui par une lettre du vingt-huit avril y a fait quelques observations...
Mr le Sous-Préfet fait remarquer que la Loi ne permet pas:
1° - de faire usage des anciens cimetières avant 5 ans.
2° - Et de les transformer en place publique avant qu'une période de dix ans se soit écoulée depuis sa fermeture.
Ces deux observations vont recevoir satisfaction par le présent traité.
Ces explications faites les conventions entre Melle Perreaux et la Commune ont été établies de la manière suivante:
Melle Perreaux offre à la Commune d'Almenesches une somme de trois mille francs qu'elle prend l'engagement de lui verser aussitôt les présentes revêtues de l'approbation de l'autorité supérieure administrative.
Elle fait cette offre aux conditions ci-après:
Article premier - Le cimetière supprimé sera conservé dans son état actuel pour rendre hommage au culte des morts pendant quatre-vingt-dix-neuf années à partir du premier mai dernier. Pendant ce laps de temps, il ne pourra être ni aliéné en tout ou en partie et n'importe sous quelle forme, ni converti en place publique. Toutefois une bande de terrain sera prise du côté de l'allée existant entre le cimetière et l'église pour faire le pendant de la voie sud, conformément à la délibéraion du vingt mars et de former plus tard un ensemble régulier avec l'emplacement du terrain occupé par la maison de la dame Tabar qui obstrue l'église, si cette maison vient à disparaître.
Cette bande de terrain est indiquée au plan dressé ad hoc par Mr Clouet, instituteur d'Almenesches, le dix-sept mars dernier dont une copie certifiée par lui est restée annexée à la présente convention après avoir été contresignée par Melle Perreaux et par le Maire.
Article deuxième - Les pierres tombales, monuments funéraires, croix et autres emblèmes religieux, sauf ce qui va être dit dans l'article suivant, devront être enlevés. Cet enlèvement deviendra obligatoire à partir du premier mai mil neuf cent un et devra être effectué dans le délai d'une année de la dite époque.
Nota - On fait observer que vu l' exiguïté du cimetière aucune concession n'y avait été faite.
Voilà donc cette seconde partie de la Convention....

Alifer61

La bienfaitrice almenéchoise: Laure Perreaux ...

99 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 . 72 à 74 . 98)
Voici la première partie de la copie de la Convention intervenue entre la Commune et Melle Laure Perreaux - inscription faite le 30 juin 1896.
Convention du 24 juin 1896 relative à l'ancien cimetière
Entre les soussignés, - Mademoiselle Anastasie Désirée Laure Perreaux, propriétaire, domiciliée à Almenesches, au bourg de cette Commune, d'une part, - Et Monsieur Isidore Loyer Buquet, ancien notaire, maire de la Commune d'Almenesches y domicilié, agissant ici en qualité de Maire de la dite Commune, d'autre part, - Ont été arrêtées les Conventions suivantes relativement à l'ancien cimetière.
Tout d'abord et préalablement, ils ont exposé les faits.
1° -L'ancien cimetière d'Almenesches placé proche et au nord de l'église a été supprimé le premier mai mil huit cent quatre-vingt-quatorze en vertu d'un arrêté municipal du22 avril précédent et remplacé par celui placé au lieu-dit les Petites Sept Acres, à l'angle formé par le chemin vicinal du Hameau du Bois et celui d'Argentan. Depuis lors aucune inhumation n'y a été faite.
2° -Par une lettre adressée au Maire, à la date du 6 mars dernier, Melle Perreaux, mue par un pieux sentiment que tout le monde a compris et partage a exprimé le désir que l'ancien cimetière soit respecté etnon converti en place publique.
Cette lettre adressée au Maire est ainsi conçue:
" Je vous serais reconnaissante de bien vouloir communiquer au Conseil Municipal la proposition suivante:
Des souvenirs de famille me font vivement désirer voir l'ancien cimetière d'Almenesches maintenu dans son état actuel. Je serais en conséquence disposée, si le Conseil municipal acceptait mon offre, à verser à la Commune une somme de trois mille francs moyennant le payement de laquelle elle s'engagerait à ne pas toucher au cimetière pendant un espace de temps de quatre-vingt-dix-neuf ans. Temps pendant lequel ce cimetière serait conservé tel qu'il est aujourd'hui. Je le ferais enclore d'une manière convenable et cela à mes frais et le terrain resterait par conséquent la propriété de la Commune, celle-ci ne pouvant d'après la loi s'engager pour un plus laps de temps que celui qui vient d'être indiqué.
On pourrait y faire des allées de façon à permettre au clergé et aux fidèles d'y aller en procession le jour de certaines fêtes religieuses.
Si mon offre qui me paraît avantageuse pour la Commune et par conséquent très acceptable était agréée en principe par le Conseil, nous arrêterions ensuite certaines questions de détail.
Je vous prierai Mr le Maire de vouloir bien me faire connaître quelle solution aura été donnée à ma proposition."
3° - Le Maire a soumis cette lettre au Conseil municipal dans sa réunion du 20 mars mil huit cent quatre-vingt-seize et l'assemblée partageant les sentiments exprimés par Melle Perreaux a accepté l'offre qu'elle a bien voulu faire en décidant qu'une bande de terrain serait prise pour élargir la voie nord de l'église et détachée du cimetière pour faire pendant à la voie sud, que les tombes devront disparaître dans les délais légaux afin d'enlever au terrain tout aspect douloureux et sépulcral.
Voilà cette première partie de cette convention....

Alifer61

dimanche 22 novembre 2009

Une bienfaitrice d'Almenèches: Laure PERREAUX

98 (Voir les n° 1 à 6 . 11 à 16 . 31 à 33 . 72 à 74)
Laure Perreaux - au fait Anastasie Désirée Laure Perreaux - fille d'un ancien maire d'Almenèches, Louis Perreaux, cousin de notre inventeur Louis-Guillaume Perreaux, fut aussi une personnalité marquante de notre commune. En vous rapportant quelques délibérations des Conseils Municipaux d'Almenèches, je ne pense pas nuire à quiconque...
Dans sa réunion du 30 juin 1896 - il est question de l'ancien cimetière - le Conseil approuve la convention (je l'écrirai dans mes articles suivants) intervenue entre la commune et Melle Perreaux:
"le double d'une convention portant la date du 24 juin présent mois, intervenue entre lui en sa qualité de Maire (il s'agit de Me Buquet, notaire) et Melle Anastasie Désirée Laure Perreaux propriétaire domiciliée à Almenèches.
Par cette convention, il a été convenu sur la demande exprimée par Melle Perreaux et pour rendre hommage au culte des morts, que le cimetière voisin de l'église, aujourd'hui supprimé serait conservé en son état actuel pendant 99 ans à partir du 1er mai dernier sous diverses conditions exprimées audit acte, notamment la construction d'une clôture et le versement par Melle Perreaux d'une somme de trois mille francs au bénéfice de la Commune.
Lecture de ce document est donnée à l'assemblée qui après en avoir délibéré approuve la dite convention en toutes ses dispositions. et il décide qu'en raison de l'importance de cette convention, elle sera transcrite sur ce registre à la suite de la présente délibération.
Ainsi fait et délibéré et signé après lecture.
Nous trouvons quelques signatures lisibles: Buquet - Ribot - A.Perreaux - Bardel - Desmont - Than (l'héritier de notre inventeur était conseiller municipal).
Cette convention est fort longue: je la noterai dans plusieurs articles...

Alifer61

vendredi 20 novembre 2009

PERREAUX L.G : Bateau sous-marin (suite)...


Cliquez l'image pour l'agrandir: ce sous-marin n'est pas de l'époque Perreaux!!!

97 (Voir les n° 7 .10 . 18 à 30 . 35 à 64 . 68 à 71 . 92 à 96)
Nous allons toujours rapporter les faits vus sur le livre de Jean Rey " Histoire scientifique de l'année 1888" édité en 1889 et numérisé par le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de Paris...Avec son invention sur son bateau sous-marin, Perreaux aurait pu être "traité de rêveur. Qui oserait, aujourd'hui, douter de l'avenir des bateaux sous-marins? .... les sciences physiques et mécaniques ne marchent pas toujours avec une vitesse égale dans une voie uniforme. La mécanique était en avance sur l'électricité. Ces deux sciences marchent maintenant ensemble...."
A l'époque de Napoléon 1er, Fulton "expérimentait, dans le port du Havre, des bateaux sous-marins. Napoléon songea à utiliser les inventions de cet Américain. L'idée de traverser la Manche sous les eaux, de se dérober aux vues de ses ennemis, plaisait à son génie aventureux et téméraire.....
Malgré de nombreux essais, ses résultats demeurèrent très, très médiocres. Les frères Coesin reprirent les expériences de Fulton, eux aussi sans résultat. En1824, un officier de la marine française, M. Mongéry proposa un nouveau modèle de construction sans autre progrès. "En 1842, l'ingénieur Perreaux reprenant le travail de ses devanciers, présenta à l'Académie des sciences, dans sa séance du 28 mars, un bateau sous-marin construit avec une habileté merveilleuse. Les conceptions scientifiques qui avaient présidé à la construction de ce bateau surprenaient par leur grandeur et leur simplicité. C'était la première fois qu'un corps savant s'occupait officiellement de cette importante question. Environ quinze années plus tard, MM. Payerne et Bouët, le frère du contre-amiral, sacrifient leur fortune à la construction de bateaux rêvés par eux. L'impulsion donnée, les essais se succèdent rapidement. En 1858, le capitaine de vaisseau Bourgois et M. Brun, ingénieur de première classe, intéressent le Ministre de la Marine à des expériences commencées à Rochefort.....
Le bateau présenté par M. Perreaux à l'Académie a été certainement, et sans contestation possible, le point de départ d'essais aussi nombreux que variés.... Ce bateau ressemblait à un poisson aux formes très accentuées....
Ainsi, après la construction des premiers bâtiments expérimentaux par Bushnell (1775), par Fulton (1798), les gros progrès du bateau Perreaux (1842), le gymnote à Toulon de Gustave Zédé (1888), l'essor de la navigation marine fut définitif avec le submersible Narval (1899) de Laubeuf... Maintenant nous avons les sous-marins atomiques: le premier fut le Nautilus américain, lancé en 1954...

Alifer61

PERREAUX L.G : son bateau sous-marin...

Cliquez pour agrandir le dessin du bateau sous-marin de Perreaux
96 ( Voir les n° 7 . 10 . 18 à 30 . 35 à 64 . 68 à 71 . 92 à 95)
Sur le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de Paris, nous avons trouvé le livre de Jean Rey: " Histoire scientifique de l'année 1888", édité en 1889 - année de la mort de Perreaux - Il y raconte l'histoire du bateau sous-marin de Perreaux...:
" A sa sortie de Châlons en 1839, l'ingénieur Perreaux entra comme élève chez M. Gambey, membre de l'Institut des plus distingués, célèbre par ses instruments d'astronomie, sur la recommandation de M. Savary, professeur de mécanique à l'Ecole polytechnique et membre de l'Institut. Durant les loisirs que lui laissaient ses nouvelles occupations, il construisit un bateau sous-marin à air comprimé, portant une roue à hélice à palettes mobiles. A cette époque, on ne croyait pas à l'avenir des bateaux sous-marins.
Arago lui adressait le 25 août 1843, la lettre suivante au sujet d'un appareil présenté à l'Académie des sciences;
Mon cher monsieur Perreaux,
' Je crains que la commission ne puisse pas se réunir d'ici à lundi. Au reste vous devez être sans inquiétude sur le résultat; le rapport sera très favorable. Tous vos commissaires m'assurent que votre vis est excellente. Vous aurez ainsi résolu un bien vieux problème d'une manière également sure et ingénieuse.
Vous savez combien je suis heureux de vous voir, enfin, vous lancer dans la carrière des constructeurs d'instruments de précision. De beaux succès vous y attendent. Ce n'est pas que je n'eusse apprécié l'esprit d'invention dont vous aviez fait preuve dans plusieurs de vos projets de machines; mais je persiste à croire que de pareils travaux auraient été actuellement pour vous, à cause de votre jeunesse, une source intarissable de chagrins. Vous y reviendrez plus tard. Avant de penser à de nouveaux bateaux sous-marins, exécutez un grand et bel instrument pour l'observatoire de Paris.
Comptez toujours, mon cher monsieur Perreaux, sur mes sentiments dévoués.
F.Arago Le 25 août 1843'
Arago lui-même ne croyait pas à l'avenir des bateaux sous-marins et tous les savants de l'époque partageaient cette opinion !!!!

Alifer61

PERREAUX L.G : sa canne-fusil...

Cliquez sur ce dessin de la canne-fusil de Perreaux rapporté par Jean Rey.
95 : (Voir les n° 7 . 10 . 18 à 30 . 35 à 64 . 68 à 71 . 92 à 94 .

J'ai trouvé dans le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de Paris un livre de Jean Rey: " Histoire Scientifique de l'année 1888" édité en 1889 (Perreaux mourut cette année-là). Il y raconte l'histoire de la canne-fusil de Perreaux... Il nous dit que le grand-père de Perreaux était médecin ! son père fonda un atelier où se fabriquaient des rouets à broches pour filatures diverses et cordages fins...
"C'est dans l'atelier de ce père toujours occupé à chercher quelque invention, que l'ingénieur Perreaux passa ses premières années....... N'est-ce pas à ce père qu'il doit toutes ses inventions?.... On raconte que Vaucanson construisit dans sa jeunesse une horloge en bois qui marquait exactement les heures. Le jeune Perreaux, imitant son illustre devancier fabriqua un fusil sous forme de canne-jonc. Cette canne-jonc prenait, par son ingénieuse disposition, la forme d'un fusil ordinaire; en s'allongeant pour démasquer le mécanisme, elle formait une crosse articulée permettant d'épauler. Dans l'intérieur, se trouvaient les amorces et six charges parfaitement divisées; comme les révolvers ou les fusils à répétition, dont on fait aujourd'hui si grand cas, ellepouvait lancer successivement six projectiles. On pouvait indifféremment charger cette arme par la culasse ou le haut de l'âme. Le mécanisme de la batterie se composait d'un chien à oreilles articulées, d'une détente se repliant sur elle-même et des six charges réunies. Lorsque la crosse était redressée, tout ce mécanisme disparaissait et faisait place à une canne ordinaire. Comme on le pense bien, cette invention d'un enfant ne passa pas inaperçue. Elle fit du bruit dans son temps. Les journaux la célébrèrent en langage dithyrambique. Des ingénieurs, des mécaniciens vinrent l'admirer.... . ...., la Chambre des Députés lui vota en 1836, grâce à la bienveillance de ses protecteurs, une bourse à l'Ecole théorique et pratique de Châlons...."
On fit, dès l'année suivante, en 1837, appliquer aux fusils de guerre le système d'amorces !!!!!

Alifer61

mardi 10 novembre 2009

Louis-Guillaume PERREAUX: Etalons du mètre...


94 (Voir les n° 7 . 10 . 18 à 30 . 35 à 64 .68 à 71 . 92 . 93 )
Ci-dessus Médaille du Système métrique décimal: Loi du 4 juillet 1837
D'abord un peu d'histoire: avant le mètre, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, chaque région en France avait son propre système de mesures: les Bretons en perches, les Parisiens en pieds, mesure la plus répandue mais qui variait d'une ville à l'autre.
Charlemagne essaya de régulariser ... et il fallut attendre la Révolution pour que la France décide d'uniformiser ses poids et mesures le 8 mai 1790. Le mètre correspond à 1/10 000 000 partie du quart du méridien terrestre et ce n'est que la loi du 18 germinal anIII (7 avril 1795) qui confirmera le mètre comme seul étalon pour toute la République... mais les habitudes demeurent et en 1840, sous peine d'amende, le gouvernement de Louis-Philippe décide de la rendre obligatoire et d'interdire l'usage de tout autre système...
Peu à peu, le système métrique est adopté par d'autres pays: en 1875, 17 états signent la "Convention du mètre" et créent le Comité International des Poids et Mesures (CIPM).Maintenant il y a 53 Etats membres... Plusieurs interprétations du mètre verront le jour... Dans la dernière en 1883, il s'agit de la distance parcourue dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 de seconde(c'est simple !). Et c'est toujours la même longueur... Adieu pieds,pouces,pintes et onces, seuls les Américains et les Anglais résistent encore un peu mais ces derniers y sont contraints par la CEE en 1995...Le prototype en platine du kilogramme est conservé au Bureau International des Poids et Mesures (BIPM) à Sèvres....
Depuis nous connaissons plusieurs procès verbaux de comparaison entre les étalons prototypes du mètre et du kilogramme où les instruments de Perreaux étaient employés selon l'exemple suivant:
"Une première comparaison a été faite le 31 janvier 1864, avec le comparateur appartenant à M. Perreaux, et qui avait déjà servi dans des comparaisons précédentes....."
Encore une autre tâche inconnue de tous pour notre inventeur almenéchois!!!
Alifer61

Louis-Guillaume PERREAUX: Vestiges instrumentaux

93 ( Voir les n° 7 . 10 . 18 à 30 . 35 à 62 . 68 à 71 . 92 )
Nous pouvons voir sur le site du Musée des Arts et Métiers la nomenclature de 13 objets inventés ou fabriqués par Perreaux, en sa possession....

Dimensions Matériaux Thèmes

1-Cathétomètre
H:142l:32L:33cmM:19kg Acier.laiton.verre Mesure.contrôle
2-Cathétomètre à deux lunettes
H:140l:32L:32cmM:20kg Alliage ferreux.laiton.verre Mesure.contrôle
3-Cathétomètre dans une gaine vitrée
H:152l:33L:33cm Bois.Alliage ferreux.laiton.verre Mesure.contrôle
4-Dynamomètre à tissus
H:41l:28L:112cm Bois.alliage ferreux.laiton.textile Mes.Cont.Textile
5-Expérimentateur phroso-dynamique d'Alcan à essayer les fils
H:13l:20L:75cmM:5,645kg Acier.bois.laiton Mes.Cont.Textile
6-Instrument dynamométrique
H:30l:0.2L:40cm Verre Mesure.Contrôle
7-Machine à diviser la ligne droite,petit modèle avec plan cannelé
H:123l:42L:73cmM:13kg Bois.Alliage ferreux.laiton.verre Calcul.Phys.
8-Machine à diviser les lignes droites
H:31l:22L:88cmM:28kg Bois.Fer.Laiton.en vert Mathématiques
9-Machine à graver les thermomètres
H:14l:12L:21cmM:2,43kg Fer.Laiton Machine-outil
10-Soupapes à lèvres en caoutchouc vulcanisé
H:11l:18L:18cmM:1.36kg Caoutchouc Mécanisme.Machine
11-Soupape à lèvres en caoutchouc vulcanisé
H:20D:8cmM:3kg Bronze.Caoutchouc Mécanisme.Machine
12-Sphéromètre
H:24D:10cmM:685g Bronze.Alliage ferreux.Laiton Mes.Contrôle
13-Tableau du Musée Centennal.Instrument dynamométrique
H:58l:3L:68cm Carton.Papier Mesure.Contrôle

Ces vestiges de PERREAUX Louis-Guillaume nous montrent en partie son travail dans son métier de fabricant d'objets de précision...

Alifer61




lundi 9 novembre 2009

Louis-Guillaume PERREAUX: La Roue à hélice...

92 (Voir n° 7 . 10 . 18 à 30 . 35 à 64 . 68 à 71 )
Ces croquis (vous pouvez agrandir cette image en cliquant sur elle) ont été pris sur le "bulletin de la Société d ' Encouragement pour l'Industrie Nationale" de l'année 1850 détenu par CNUM.CNAM.FR ainsi que le texte qui va suivre.(je n'en rapporte qu'une toute petite partie!)
Cela nous montre que Perreaux fut un homme peu commun puisque toute sa vie il aborda des sujets très différents... Ici il s'est penché vers la mer et le déplacement des bateaux à vapeur... N'oublions pas qu'il était fabricant d' objets de précision à Paris.... au 14 puis au 16 de la rue Monsieur-le-Prince et enfin au 8 rue Jean Bart....

M.Perreaux met sous les yeux des membres de la Société le modèle d'une roue à hélice pour bateaux à vapeur, produisant des effets différents dans son même mouvement de rotation.
M. Perreaux fait observer que cette roue a pour caractères particulier la mobilité des palettes qui la composent, mobilité qui leur permet de prendre toutes les inclinaisons possibles, de produire des actions opposées, et de faire avancer ou reculer le navire, sans qu'on soit obligé de changer le sens dans lequel la roue à hélice tourne............
Fig.1 :Poupe d'un bateau armé du système de roue à hélice à palettes mobiles, et du moyen de communication de mouvement.
Fig.2 : La roue à palettes vue de profil et dessinée sur une plus grande échelle.
Fig.3 : La même vue de face.
Fig.4 : La roue avec les palettes reployées.

Perreaux restera pour nous un homme étonnant....
Alifer61

mercredi 4 novembre 2009

HENRI VENDEL : Les décorations.....


91 ( Voir les n° 8.9.17.34.65.66.67.86.87.88.89.90 )
La légion d'honneur, ordre national français, institué en 1802 par Bonaparte en récompense de services militaires et civils comprenant cinq classes: grand-croix, grand officier, commandeur, officier, chevalier.


Nous avons lu dans PERSEE (Ministère de la jeunesse,de l'éducation nationale et de la recherche.Direction de l'enseignement supérieur.Sous-direction des bibliothèques et de la documentation) Bibliothèque de l'Ecole des Chartes. Année 1917.Volume 78.Numéro 1 la mention suivante:
Henri Vendel,(il s'agit toujours de Joseph-Henri, Eugène VENDEL) élève de l'école, aspirant au 403e régiment dinfanterie. Cité à l'ordre du régiment: " Excellent chef de section. A montré de grandes qualités de sang-froid, en utilisant judicieusement sa section de mitrailleuses au cours de l'attaque du 16 avril, en a tiré le meilleur parti, malgré le violent bombardement d'artillerie lourde."

Et cet autre article de l'année 1918. Volume 79. Numéro 1 :
Vendel (Joseph) - c'est le même Vendel - élève à l'Ecole, sous-lieutenant au 403e régiment d'infanterie, cité à l'ordre du régiment (2e citation):" dans un secteur très délicat, et notamment le 21 mars 1918, au cours d'un violent bombardement exécuté sur le groupe qu'il commandait, a fait preuve de rares qualités de sang-froid et d'énergie. Malgré un service très dur a payé constamment de sa personne, communiquant à ses hommes le sentiment du devoir qui l'anime. Le 22 mars,a pris le commandement d'une patrouille et repoussé une reconnaissance ennemie qui cherchait à aborder nos postes."
Et encore cette autre mention retrouvée de l'année 1939. Volume 100. Numéro 1:
Par décret du 28 janvier 1939 ont été promus officiers dans l'ordre de la Légion d'Honneur nos confrères MM. André Chamson, Emile Dacier et Charles Oursel; ont été nommés chevaliers nos confrères MM. Paul-Martin Bondois, Maurice oudot de Dainville, Georges Ritter et Henri Vendel.

Alifer61

mardi 3 novembre 2009

HENRI VENDEL : La noblesse du nudisme.

90 ( Voir les n° 8.9.17.34.65.66.67.86.87.88.89 )Dans la revue mensuelle ' L ' ARCHER" de février 1931, Touny-Lérys écrit encore avec cette fois pour sujet le livre d'Henri Nadel (Vendel)(connu à Almenèches comme Joseph-Henri, Eugène VENDEL): "Devons-nous vivre Nus?" ce qui suit :
Epris d'art, ennemi de toutes les hypocrisies, Henri Nadel étudiant tour à tour la Nudité à travers les âges, la Nudité et la Santé, la Nudité et la morale, a fait à la fois oeuvre de savant et de philosophe........................
La première partie de cet important travail, et notamment l'étude du costume à travers les âges, le rapport du vêtement avec l'instinct sexuel, qui domine encore nos modes actuelles, est chose fort instructive et intéressante...........
Et, après avoir passé en revue tous les âges et tous les peuples, l'auteur conclut que c'est alors qu'il y eut le moins de nu, qu'il y eut le plus de débauche..........
M. Henri Nadel étudie ensuite " la Nudité et la Santé" montrant les déformations que le costume a fait subir au corps humain, et les maladies ou tares qui s'ensuivent, atteintes portées à ce qui est sain ou ce qui est beau, opposant à ces contraintes la liberté du corps humain nu et rayonnant au soleil....................
Puis, envisageant cette fois " la Nudité et la Morale", Henri Nadel constate: "Pour la plupart de nos contemporains, nudité est synonyme de pornographie, à tel point que beaucoup s'appliquent à chasser de leur esprit l'image du nu comme une impureté.............................
Ce ne sont pas les habits qui garantissent la morale......................
Une véritable morale se dégage du nudisme, dit M. Henri Nadel. Non seulement la nudité ne favorise pas le libertinage, mais en améliorant la santé physique, le nudisme place l'homme dans les conditions les plus favorables à son développement moral. Il agit ainsi comme la gymnastique et comme l'hygiène, et, en outre, il combat la pruderie, cette véritable maladie psychique qui aboutit à une paralysie de l'âme, à une sorte d'ataxie spirituelle...................
La véritable morale n'est pas dans les apparences .....
Alifer61

HENRI VENDEL : SOUS LE PRESSOIR.

89 ( Voir les n) 8.9.17.34.65.66.67.86.87.88 )
Dans la revue mensuelle " L ' ARCHER " de février 1931, Touny-Lérys écrit, avec pour sujet "Sous le Pressoir" d'Henri Nadel(Vendel)(une rue à Almenèches porte son nom : Joseph Vendel) ce qui suit:
M. Henri Nadel s'est révélé dans les lettres par un ouvrage qu'il présentait au public en ces termes: " La misère, la peur, l'angoisse, les maux de toutes sortes que la guerre entraine
ont pilé ma jeunesse. Mon âme fut comme une cuvée de raisins sous le pressoir. Je t'offre, lecteur, le vin de ma souffrance."
Il intitula ce livre SOUS LE PRESSOIR. Romain Rolland en écrivit la préface, et Roland Dorgelès l'apprécia ainsi: " Un beau livre... Ce témoignage émouvant manquait au procès que les combattants font à la guerre. SOUS LE PRESSOIR sera un des quelques livres de guerre qui resteront."
Nous étions alors en 1921. Depuis, cette oeuvre a été traduite en anglais sous le titre DOWN THE RED LANE, et elle s'est classée, comme le prévoyait Roland Dorgelès, parmi les vrais livres de la guerre, ceux qu'on nomme des témoignages...
Après l'orage, l'accalmie, - et des nouvelles exquises, des notations de nature pleines de fraîcheur et de tendresse, comme les simples parfumés qu'en théorie doit cultiver le bon curé de campagne à l'âme pure, se trouvent réunis par Henri Nadel sous ce titre "Dans le jardin du Presbytère", livre précieux paru en 1924...
C'est en la nature que M. Henri Nadel avait toujours trouvé l'apaisement, la diversion nécessaire et le réconfort.............................

Alifer61

lundi 2 novembre 2009

HENRI VENDEL : "La CONSOLATRICE"

88 (Voir les n° 8.9.17.34.65.66.67.86.87)
Dans le n°61 du 10 juillet 1931 de l'Encyclopédie mensuelle, vivante, ouverte et libre "L'ESPRIT FRANCAIS", un certain André Payer se penche sur "la consolatrice" d'Henri Nadel (Vendel) (ou encore Joseph-Henri,Eugène VENDEL):
La "Consolatrice" compte à coup sûr parmi les meilleures oeuvres de Henri Nadel, avec ce très beau livre de guerre: "Sous le Pressoir", qui aurait dû avoir en France une magnifique carrière et, traduit en anglais, n'a guère été goûté, semble-t-il, que de la seule Amérique.
C'est que cet écrivain, si doué, est affligé d'un défaut qui, par le temps d'aujourd'hui, constitue une véritable tare: son impénitente modestie. Aussi bien mériterait-il qu'on lui appliquât à lui-même cette pensée qu'il a formulée au sujet du héros de la Consolatrice: "Dans la lutte pour la vie, sa noblesse morale n'était pas une moindre infirmité que sa bosse".
Voilà qui sent, de loin, son La Rochefoucault.La Consolatrice ne se targue pourtant d'aucune intention moralisante. Par son esthétique, ce livre est de filiation nettement naturaliste. André Thérive n'hésiterait pas à y voir un roman "populiste". Ce qui est certain, c'est que l'ouvrage de Henri Nadel est remarquablement construit et écrit. Pas de bavure, ni de surcharge.Mais un solide équilibre qui vient de la juste proportion donnée aux valeurs et du soin apporté à leur exacte mise en place.
Les types - et il y en a! - sont silhouettés avec beaucoup de verve, d'un trait incisif. Quant au personnage principal, sorte de raté campagnard auquel l'auteur prête une émouvante humanité, la véracité de sa peinture évoque à la fois Stendhal et Dickens. On songe à David Copperfield, quelquefois aussi, dans certaines pages pleines d'humour et de cocasserie, à Poil de Carotte. ...............
Beau livre en vérité, qu'il faut avoir lu. Des pages tour à tour ironiques, caustiques,malicieuses succèdent à d'autres plus graves, presque amères....
....multiplicité des dons départis à cet écrivain mais qu'il y a en lui un poète - inavoué -.
Dans ce livre Henri Vendel nous décrit d'une façon pittoresque la chambre située dans les combles de l'étude Lebastard, une journée dans l'étude.
Plus bel éloge ne peut être fait à notre auteur !
Alifer61

HENRI VENDEL: "LA NATION CONTRE LA PATRIE"

87 (Voir les n°8.9.17.34.65.66..67.86 )Dans le n°148 du 15 avril 1935 de la revue mensuelle "EUROPE", nous trouvons un texte d'Henri Nadel (Vendel) ( en réalité Joseph-Henri, Eugène VENDEL) ayant pour titre "La nation contre la Patrie". Je vais essayer d'en transcrire quelques phrases...
Nation, patrie: il semble que ces mots soient devenus synonymes, tant on les emploie constamment l'un pour l'autre. Livrés à la foule par les politiciens, ce ne sont plus que des fétiches, tabous d'autant plus redoutables qu'ils sont plus vagues.
Et sans doute le nationalisme a-t-il intérêt à cette confusion. Mais ceux dont la nation exige de multiples sacrifices, qui peuvent aller jusqu'à celui de leur vie, ou pis encore, jusqu'à la mort de leurs enfants, peut-être ont-ils le droit - et même le devoir - d'essayer de connaître qui dispose d'eux et des leurs.
Obéir? Volontiers, mais à condition que je sache à qui et pourquoi. D'abord voir clair.Je ne puis renoncer en faveur de qui que ce soit au privilège du libre examen. J'en suis comptable non seulement devant ma conscience, mais devant tous les hommes libres, ceux qui bataillèrent dans le cours des siècles passés pour le conquérir, et ceux de l'avenir. ............................
Qu'est-ce qu'une nation? "Une réunion d'hommes". La patrie? " Un pays"..........
La mienne(patrie) est formée d'un village normand, de quartiers de Paris, d'une vallée de l'Ile-de-France, aussi de paysages de Grèce, de Suisse, d'Italie, où j'ai vécu peu de jours, mais intenses.Elle grandit avec moi. La patrie est une création continuelle.........................
La nation ne se définit que par les frontières. C'est une abstraction. La patrie est oeuvre de chair. C'est de tout mon corps que j'aime la mienne, et non seulement de mon coeur, mais des yeux qui l'embrassent, et des pieds qui la foulent. Elle n'a de frontières, ni dans le temps ni dans l'espace. Aussi ne demande-t-elle pas ces sacrifices sanglants que la nation impose..............
La patrie unit, la nation oppose.............................
et Henri Vendel continue sa démonstration en rappelant les faits historiques de la France et en affirmant que "la nation armée peut dévaster les patries voisines, non plus sauvegarder la sienne."
Alifer61

HENRI VENDEL: l'art du peuple ?

86 (Voir les n) 8 - 9 - 17 - 34 - 65 -66 - 67). (Tableau d'Eugène Delacroix:la liberté...)
Voici un texte retrouvé dans la revue mensuelle de littérature, d'étude et d'art "Les Primaires"d'octobre 1927 qui avait "pour but de faire respecter le mot primaire, de rendre hommage aux artistes fidèles au peuple, de contribuer à donner à ses lecteurs une culture pénétrée d'un esprit international et humain, de faire connaître un art profond, simple et naturel comme le sol.
Elle combat les préjugés, les chapelles, l'esprit de guerre, le snobisme artistique et tout ce qui n'est pas probe, sain, généreux".
Donc Henri Vendel signant Henri Nadel y écrit: "L'art du peuple"? Mais d'abord qu'est-ce le peuple? Quand ces deux mots (d'art et de peuple) s'accouplent, il m'est impossible de ne pas les prendre dans leur sens le plus général. Le peuple, c'est la multitude des hommes considérés en ce qu'ils ont de commun.
Je me refuse à bannir du peuple aucune classe. Seuls, s'excluent d'eux-mêmes ceux qui prétendent n'avoir rien de commun avec lui. Une telle définition admise, le problème devient facile. L'art du peuple sera l'art leplus général, le plus simplement humain, celui où pourront communier le rustre et leraffiné.
Les oeuvres qui répondent à cet idéal sont rares, puisqu'il faut plus de talent pour les écrire. Il me semble que GERMINAL, L'ASSOMMOIR, les nouvelles de Maupassant, RESURRECTION, et parmi des plus récentes,LES CROIX DE BOIS, LE FEU... (je n'en citerai pas d'autres pour qu'on ne m'accuse pas d'oubli).
Si toutefois, par "peuple", on entend la partie la moins cultivée de l'humanité (car sur le plan intellectuel, il n'est pas de différence d'argent, mais de culture), je crois que le devoir des littérateurs est de f... la paix à ce "peuple"; Fi de l'art au rabais! On n'écrit pas pour le "peuple" comme pour les enfants.
Quand le peuple est abandonné à lui-même, il crée. Témoins nos légendes et nos contes populaires. Mais ce sens artistique, il le perd dès qu'interviennent les professionnels de l'écritoire. On lui offre des articles de bazar, il les préfère à ses vieux étains. Les pires ennemis de l'art du "peuple", ce sont les auteurs qui écrivent pour le "peuple".
Voilà des mots qui définissent bien Henri Vendel...
Alifer61

samedi 7 mars 2009

Les Normands ..... et les querelles domestiques.

85Hostilités entre régions... Hostilités au village... Hostilités à la maison... L'agressivité est universelle.... En Normandie, comme partout ailleurs, on la trouvait dans certaines familles (malheureusement elle est encore trop souvent présente aujourd'hui!)... Ne disait-on: "Bat à fred, bat à chas (à chaud) - Bat ta femme et n'la tue pas!" Heureusement que ces mots n'étaient pas suivis des faits par tous les Normands!!! La coutume semblait même permettre aux hommes de battre leurs femmes, sans aller au-delà de la fracture!!!
On trouve nombre de légendes normandes où les épouses des seigneurs subissent des châtiments qui les mènent parfois à la mort... L'infidélité - prouvée ou pas - était souvent la cause de ces heurts conjugaux: c'est, par exemple, la légende d'une châtelaine d'Alençon Marie Anson, attachée par le mari jaloux à la queue d'un cheval, traînée ainsi dans le parc et morte des suites de cet acte barbare!!!
Femmes infidèles, mauvaises ménagères,épouses désagréables,.... tout était pris en compte par le mari!!! Cela nous rappelle certaines scènes comiques au théâtre où l'homme, armé d'une trique, poursuit sa femme...
Il paraît pourtant que chez les marins, les pêcheurs, beaucoup de femmes "portaient le pantalon"... Cela était dû au fait que ces maris s'absentaient plus ou moins longuement et avaient donné à leurs femmes une procuration pour gérer leurs biens...
Naturellement, il y avait des mauvais ménages, comme partout ailleurs sans doute... mais il est certain que chez les paysans normands, les séparations étaient très rares...

Les Normands ..... et les querelles au village.

84 Vous pouvez cliquer sur la photo pour l'agrandir comme dans les autres articles...

Dans les villages où la densité de population était plus importante que maintenant, on vivait très proches les uns des autres et s'il fallait rester solidaires, cela n'allait jamais sans quelques heurts: autant d'hommes, autant de comportements... Dans les villages, tout le monde se connaît et le caractère de l'un ou l'hypocrisie de l'autre entame votre patience même si vous vous classez dans l'ordre des tolérants... Le vocabulaire pour rappeler les défauts des uns et des autres était très riche dans la langue de nos Normands: pignouf, rapiat, voleux,
enjôleux
, adoreux, couillon, fouinard, chicaneux, pisse-freid, pouffiasse, andouille, fainient, baveux, ragot, bouffard, gouliafre,.......... (l'orthographe y était souvent "maltraitée"!!!) Naturellement, ces mots s'adressaient aux hommes, mais les femmes avaient aussi leur vocabulaire!!! carne, traînée, poison,.............
Naturellement, tous ces termes ne pouvaient que faire grandir les ressentiments des uns et des autres... On en arrivait souvent aux injures,... souvent aux mains,... Ces querelles villageoises, trop nombreuses, pouvaient durer une "éternité"...
D'une manière générale, les Normands n'aimaient guère ces genres "bavards"...
Il arrive encore de nos jours de voir certains Normands naître avec un patronyme au surnom plutôt moqueur ou au méchant sobriquet: certains - et ils ont raison - ne s'en offusquent pas, d'autres ont pu demander le changement de nom!!!
Ne parle-t-on pas encore du "tintement" des oreilles qui signifie que quelqu'un est en train de parler de vous...... en mal naturellement !!!

vendredi 6 mars 2009

Les Normands ....... et les querelles de clocher.

83Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir....
Les foires étaient nombreuses dans beaucoup de villages normands et à l'origine de quelques beuveries..., les esprits s'échauffaient..., les moqueries affluaient..., les provocations s'ensuivaient très souvent..., quelques mots bien venimeux, de méchants sobriquets qui portaient souvent atteinte à la réputation des femmes et c'était la bagarre !
Beaucoup de Normands étaient désignés par des sobriquets relatifs à leur village: en fonction de la réputation de ses habitants, ou de la spécialité qui en faisait le renom ou de son nom même... Ainsi nous avions les mâqueux (mangeurs) de salade d'Argentan: il partait d'Argentan un grand nombre de salades pour Paris... Sobriquet somme toute raisonnable mais il n'en était pas toujours ainsi: nous avions les culs collés de Tinchebray: la cordonnerie y était la principale industrie et les cordonniers étaient appelés avec mépris culs collés...
Personne n'échappait aux sobriquets... et les querelles étaient nombreuses...
Qui ne connaît pas notre Domfront ornais "la cité du pendu" ou "la ville de malheur"... "Arrivé à midi, - Pendu à une heure! -"
Les jalousies, les rivalités étaient souvent entretenues dans les villages normands mais, et pourtant, il faut avouer que souvent elles renforçaient au niveau local la cohésion de chaque groupe, voire de tous les Normands... Il est vrai aussi que chaque région portait souvent des préjugés souvent terribles sur les autres...
Finalement il n'y a pas matière à se sentir plus mauvais!!!

jeudi 5 mars 2009

Les Normands ....... et leur parole.

82Nous,Normands, curieux du passé et de l'histoire de nos ancêtres, savons que les préjugés ne nous étaient pas toujours très favorables - le monde est ainsi fait, nous détectons les défauts des autres avant de faire notre propre procès - il est vrai qu'il y a souvent un brin de vérité à chaque préjugé et il est facile de généraliser à la vue d'une chose particulière... Il est difficile d'échapper au parti pris et chacun de nous a pu en être les victimes... Mais il serait sans doute plus intéressant d'en chercher les causes, l'une d'elles serait peut-être propagée par jalousie...
Ainsi le Normand avait la réputation de manquer de parole... Napoléon-Bonaparte, lors de son passage en Normandie en 1810, montra qu'il connaissait cette réputation ! Le président du tribunal civil d'Yvetôt voulut faire un petit discours pour l'honorer mais , impressionné par son visiteur, ne retrouva pas ses paroles... Napoléon lui vint en aide en disant: Vous êtes un excellent Normand, Monsieur, je vois que vous savez manquer de parole!
Tant qu'un contrat n'était pas écrit et signé, devant témoins, le Normand pouvait se dédire. C'est pourquoi cette réputation a peut-être une origine juridique. ainsi nous retrouvons le proverbe normand : Il vaut mieux se dédire que se détruire.
Il arrivait qu'un Normand, voulant à tout prix assurer sa parole qu'il voyait mise en doute, s'écriait d'une voix très ferme : c'est sûr comme vinaigre !
Cette satire supplémentaire sur le Normand n'en fait pas un démon !

"Sapience" ... Sagesse ... Ruse ... du Normand.

81 "Pays de sapience", voilà le surnom qui qualifia un certain temps la Normandie... Naguère, il était très courant d'appeler ainsi notre région... Certains affirmaient que c'était faire allusion à la sagesse des lois normandes... Les uns pensaient que c'était à cause du bon sens des Normands, que l'on avait obtenu ce surnom de "pays de sapience"...D'autres vous diront que le terme de "sapience" avait été préféré au mot sagesse en accusant l'aspect rusé du caractère des Normands...
Il est vrai que nous, les Normands, en avons la réputation, comme le fameux renard de la fable "le corbeau et le renard" de notre poète et fablier Jean de la Fontaine... On assurait même qu'il ne fallait pas entrer en procès avec un Normand... Jean Racine, véritable rival d'un autre poète dramatique français mais normand, Pierre Corneille, nous railla dans sa pièce les Plaideurs puisque les premières paroles de cette comédie commencent ainsi:
Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fîra :
Tel qui rit vendredi dimanche pleurera.
Un juge, l'an passé, me prit à son service;
Il m'avait fait venir d'Amiens pour être suisse.
Tous ces Normands voulaient se divertir de nous :
On apprend à hurler,dit l'autre, avec les loups. .........
En matière de commerce, la franchise des Normands était souvent mise en doute !

mercredi 4 mars 2009

Les Normands .... et l'avarice...

80Encore une autre mauvaise réputation, pour nous, Normands... Il est préférable d'en rire comme le fit Molière dans sa comédie de "l'avare"... Nous avons la réputation de naître avec "les doigts crochus". Les sobriquets et les dictons que l'on attribuait à ce sujet aux Normands étaient nombreux:
C'est un Normand,il tire tout à lui.
Quand un Normand sort d'une maison et qu'il n'a rien emporté, il croit avoir oublié quelque chose !
On s'amusait un peu partout à plaisanter avec un ami normand, en lui faisant poser les mains à plat sur la table et s'il ne les déployait pas complètement, il faisait l'objet de toutes les plaisanteries d'usage...
Le Normand passait pour quelqu'un qui n'avait pas un sens de la propriété très développé à l'égard des autres... C'est un homme peu prodigue, économe,..., c'est un "rat"...
N' y a-t-il que des Normands dans cet état : il serait savoureux de connaître les pourcentages de chaque région !!!

Les Normands .... et le gibet.

79Qui ne connaît pas la manie procédurière des Normands ?
Si la Normandie fut la région la plus fertile en anecdotes judiciaires, la Basse-Normandie détenait le record. Tout était matière à procès, du préjudice le plus flagrant jusqu'à la branche d'un arbre surplombant un mur mitoyen ! Il y a peut-être moins de ces Normands en 2009 mais au XIXe siècle, les procédures engagées en Normandie étaient innombrables. Si la Normandie était réputée comme "pays de potence", c'était bien parce que, pendant des siècles, elle fut victime des expéditions de pirates et de bandes pillardes. On pendait beaucoup, en Normandie, et la sévérité redoutable des officiers de justice ne s'appliquait pas aux seuls intrus qui dévastèrent le pays...
Il arrivait que pour ne pas laisser chômer le gibet, la justice s'en prenait aux animaux: ainsi en 1386, une truie dévora le fils d'un paysan de Falaise ; le juge condamna l'animal à subir publiquement la peine de la potence. Arrivée sur les lieux du supplice, la truie se vit affubler d'une veste, de hauts-de-chausses et de gants, avec sur la tête un masque représentant une figure humaine. La truie fut mutilée de la même manière qu'elle avait commencé à dévorer l'enfant: on enleva tête et pattes... N'oublions pas que les cochons sont des omnivores et que pendant longtemps, on les laissait vivre en liberté et ils trouvaient eux-mêmes leur nourriture... Ainsi ils pouvaient être la cause de grands malheurs... Il semblerait qu'ils aient été à l'origine de la fermeture des cimetières !!! Notre poète dramatique Racine, dans la comédie "Les Plaideurs" nous fait une spirituelle critique des moeurs judiciaires au XVIIe siècle....
Le souvenir de la potence resta longtemps dans la mémoire des Normands. Ce fut à la Révolution (1790) que la potence disparut de la place publique.

En Normandie: les conscrits et le service militaire.

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En 1793, la Convention décida de lever des troupes pour défendre la République par le système du tirage au sort des conscrits. En 1798, c'est la création du service militaire (soldat de 20 à 25 ans), en 1818: engagement et tirage au sort pour un service de 6 ans, en 1872 : un service national obligatoire de 5 ans pour les hommes, service de 2 à 3 ans en 1913, service ramené à 2 ans en 1939, à 12 mois en 1970, à 10 mois en1993 et en 1997 , c'est l'armée professionnelle.
Pendant toute la période qui précédait le tirage, les conscrits normands se rendaient tous les dimanches soirs dans les auberges ou se faisaient offrir des repas que les jeunes filles de leur âge leur préparaient. Les conscrits avaient leurs conscrites qui se devaient de les inviter... Le repas se faisait dans la plus grande gaieté avec chants , danses,...
Lors du tirage, il y avait toujours des chanceux et des malchanceux. Ces derniers qui avaient tiré le mauvais numéro, se livraient dans les jours suivants, et jusqu'à leur départ, à de véritables beuveries... 6 ans à passer comme soldat seront difficiles à endurer sans oublier ceux qui ne reviendront pas dans leur pays natal. Ces fêtes des conscrits sera poursuivi dans de nombreux villages normands jusqu ' à la suppression du service militaire obligatoire....

mercredi 11 février 2009

Autrefois, chez le boulanger normand...

77
C'est une très ancienne profession dans les villes, mais, au fur et à mesure que les paysans abandonnèrent leurs fours , les boulangers se mirent à prospérer dans les campagnes dès le XIXe siècle. A cette période, on ne payait pas le pain aussitôt: on se servait de son "échantillon". Pour chaque client, le boulanger avait une baguette de "coudre" (noisetier) de vingt à trente centimètres fendue sur toute la longueur moins environ cinq centimètres (partie où il indiquait le nom du client). C'est la partie qu'il se réservait - la souche. Le client avait l'autre partie - l'échantillon qu'il rapportait à chaque fois qu'il prenait un pain; le boulanger accolait les deux parties et y pratiquait une encoche à chaque pain pris par le client. Ce moyen était reconnu légal par la justice... Quand la souche et l'échantillon étaient entièrement utilisés, le client devait payer.... Souche et échantillon étaient alors détruits...
Naturellement, je sais que ce ne fut pas la seule méthode: il arrivait par exemple que le paysan livrait un ou deux ou ... sacs de blé au boulanger qui, en contrepartie, devait lui donner un certain nombre de pains !!!
Maintenant, il n'est plus question de ces méthodes.
Certains boulangers almenéchois ont-ils pratiqué ces méthodes ???

La Normandie et ... ses pommiers....

76 ( Voir le n°75 )
Quelle est l'origine du cidre en Normandie ?
Nous savons par de nombreux documents, que le Normand buvait au Moyen Age surtout de la cervoise (boisson fermentée fabriquée à base de céréales) , de l'hydromel (boisson faite d'eau et de miel, fermentée ou non), cette dernière étant utilisée par les plus aisés ou le jour de grande manifestation... et aussi du vin souvent médiocre.
Le cidre existait déjà en Normandie... Au VIIIe siècle, dans ses Capitulaires, Charlemagne recommande la culture des pommiers. Mais le grand développement de la culture des pommiers et des poiriers commença au XVe siècle avec l'amélioration des semis et des greffes et la disparition presque complète des vignobles normands. Un siècle plus tard, le cidre devenait la boisson de tous les Normands. Si les paysans ne buvaient pas tous les jours le pur jus, réservé aux fêtes, ils avalaient le "petit bère " ou "petit mitoyen", composé de 75% d'eau passée dans le marc de pommes duquel on avait extrait une première fois le pur jus.
Qui ne connaît pas le petit "trou normand" lors de bons repas copieux afin de retrouver de l'appétit (ce fait est plus récent dans notre histoire) !!! Il n'y a pas si longtemps, un café n'était pas servi nature mais "arrosé"... on ajoutait au café " un petit canard" .....
N'oublions pas que notre petit village est normand !!!

lundi 9 février 2009

Ma Normandie et la réputation du .... Normand ....

Jeune, j'ai participé à cette fabrication du cidre avec les mêmes moyens qui ne sont plus ceux d' aujourd'hui !!!!

75
Dès le XVIe siècle, on commença à abandonner la culture de la vigne: les vignobles étaient nombreux dans les vallées de l'Eure, de l'Orne,... Les vins normands étaient souvent de qualité médiocre : on abandonna donc la culture des vignobles(il en reste très peu en Normandie) pour la remplacer par la culture des pommiers . Ce fut une culture très règlementée pendant longtemps: présence de gui interdite !!! . A notre époque, le gui est là ... même si la fabrication du cidre a quelque peu repris après une période où les cultivateurs ne ramassaient plus leurs pommes: ce n'était plus rentable !!!

Si les Normands avaient une solide réputation de buveurs, c'est qu'ils n'avaient pas seulement à leur disposition le pommé et l'eau-de-vie de cidre, mais encore le péré ou poiré. Dans la région de Domfront-Mantilly, la culture du poirier était plus importante que celle du pommier .
Les buveurs normands avaient leur saint patron: saint Chopin ! En Basse-Normandie, on appelait un ivrogne: galope-chopine... et qui ne connaît l'expression: boire à tire-larigot (ou tire-la-Rigault)... L'origine de la formule est normande et nous vient d'Odon Rigault, archevêque de Rouen au XIIIe siècle, qui donna la grosse cloche de l'église. Celle-ci prit le nom de son donateur, et les sonneurs qui s'en servirent les premiers laissèrent après eux l'expression, rappelant les célèbres beuveries auxquelles ils s'adonnaient... Le breuvage est doté de formules consacrées: c'est le bère, le bon bère, le vrai bon bère, le raide bon bère, le sacré bon bère, le beau cidre, le joli cidre,..., gouleyant, moelleux,...
Le cidre et le poiré ne sont plus aujourd'hui à l'origine de telles beuveries...
Est-ce que les Almenéchois (eux-mêmes Normands) étaient plus sages ???

vendredi 6 février 2009

Almenèches, il y a cent ans ...

74 ( Voir les n° 2 . 3 . 4 . 5 . 6 )De nouveau, qui pourra me donner la signification de ce signe ???????

La commune d'Almenèches qui ne comptait pas moins de 1722 habitants (vers 1810, à l'époque de Napoléon 1er : 1er empire) au recensement a vu successivement décroître son importance. Sa population était encore de 1023 âmes en 1832
.
Il y a cent ans, en 1909, Almenèches ne compte plus que 683 habitants.Je copie les différents métiers de l'époque: Maire: Grégoire - Notaire: Brocard - Agriculteurs: Chevillon, Le brasseur, Souchet, (je pense qu'il y en avait d'autres!!! ) - Bouchers-Charcutiers : Grivois, Tavernier - Boulangers grainetiers : Vve Fourre, Perrier - Bourreliers :Bazoge, Boschet - Cafetiers : Boschet, Chantepie, Géry, Ledamoisel, Oger, Philippe - Charrons : Plivard, Toutain - Eleveur de chevaux : Grégoire - Cordonniers : Bouffet, Harang, Roussel - Epiciers : Oger, Philippe - Fruits et légumes : Bossé - Hôtels : Boul, Chantepie, Ledamoisel - Maréchaux : Besnard, Toutain - Menuisiers : Haussemaine, Roullée - Nouveautés : Vve Legagneux - Fabricants de paniers, nasses et bourriches : Alexandre, Cardon, Lefaucheur - Pépiniériste : Arrouin - Fabricants de sabots : Héroux, Sonnet - Débit de tabac: Géry - Tourneur : Bara - Tuiles et briques : Lefrançois, Letarc - Vétérinaire : Patey.

Ce document n'est pas tout à fait complet car en plus de la liste incomplète des noms d'agriculteurs, il devait y avoir un certain nombre de laveuses, de couturières,... La vie a changé,... des métiers ont disparu,.... l'animation du bourg devait être importante....